31 juillet 2008
Soif
Soif
J'ai froid
J'ai soif
Dans tout cet effroi
De toutes les soifs
De tous les pores
De mon costume/épiderme
De toute mon âme sans port
De tous ces souffles fermes
J'ai soif de ciel
De nuages/montons paisibles
De soifs non artificielles
De petits riens risibles
De ciel/papier crépon
D'intangibles dilemmes
De petits coeurs/harpons
De sourires/diadèmes
J'ai soif de désert
Et de frais synopsis
De joies/geysers
D'ordonnées et d'abscisses
De courbes racées
Et de cheveux au vent
De chemins non tracés
Et de courants dérivant
J'ai soif
De rien à suivre
J'ai soif
De vivre...
Hugo
Saint-étienne
Juillet 2008
29 juillet 2008
Terres meubles
Terres meubles
La douleur est dans l'âme
Comme un volcan tapie
Un dragon ceint des flammes
Faite d'images croupies
Ces flashes sont autant de brûlures
Que de caresses inavouables
Du miel mêlé de cyanure
Des césures impardonnables
Il est des souvenirs
Telles des roses non écloses
Des pistils sans avenir
Et qui soudain explosent
Dieu, j'avais oublié
Mais, l'avais-je
Certes, j'avais supplié
Mais les maux s'enfouir sous la neige
J'avais oublié ces ciels acides
Et ces combats sans lendemain
Dans le fleuve homicide
Du temps qui étrangle à deux mains
Je ne voulais plus voir
Mais, ne devint pas aveugle
Et, il s'est mis à pleuvoir
Dans mon âme aux terres meubles
Hugo
Saint-étienne
Juillet 2008
23 juillet 2008
Sur le fil
Sur le fil
Je suis
Magma de chair et d'âme
Je suis
Insignifiant et flamme
Apostrophe de néant
Soupir d'éternité
Brise sur l'océan
Des foules/nullité
Un regard plaintif
Nuage amère
Golem supplétif
D'espoirs éphémères
Je suis
Ou semble l'être
Je suis
Un vivant à naître
Corde vibratoire
D'instrument inique
Ciment de l'histoire
Pluriel et unique
Cri d'enfant
Déchéance subtil
L'amour triomphant
La poussière utile
Je suis
L'homme
Éclat et suie
Simplement un homme
Fontaines asséchées
Aux rêves dérisoires
Aux terres à défrichées
Sur le fil du rasoir...
Hugo
Saint-étienne
Juillet 2008
19 juillet 2008
Le voilà
Le voilà
Le voila, ce geôlier
Le cerbère de nos vie
Le capitaine du voilier
Des nos souffles ravis
Il trône et détruit
Érode nos passions
Balafre puis reconstruit
C'est là, sa secrète mission
Il sème des pierres et des lys
Sous nos pas éphémères
Et laisse des cicatrices
Dans nos coeurs amères
De la source à la mort
Il enveloppe nos envies
Mêlant joies et remords
Au magma de nos vies
Certain crurent le dompter
Ce n'était qu'illusion
Un mirage apponté
Au port des dérisions
Est-il ami ou ennemi
Ou bien indifférent
A nos souffles de fourmis
A nos chairs d'itinérant
Il est la vague
Qui nous entraîne
Dans l'espace vague
De soupirs qui s'égrainent
Hugo
Saint-étienne
Juillet 2008
Devant toi
Devant toi
Mémoire cadenassé
Images en cage
Le regard inversé
Peux-tu tourné la page
Peux-tu faire le plongeon
En dehors du bocal
Et glaner d'entre les joncs
D'autres rêves bancals
D'autres éblouissements
Dans la jungle quotidienne
D'autres frémissements
Dans ton coeur d'obsidienne
Peux-tu le faire
Et laisser s'envoler
Ton âme de fer
Aux espoirs étiolés
Tu dis que c'est trop tard
Que la chance est passé
Que ta vie est un têtard
Qui s'est fait terrassé
Mais qu'importe le passé
Et tes démons familiers
Ces histoires ressassées
Et ces souffles qui t'ont humiliés
Ce n'est que poussière d'étoiles
Qui se dissolvent dans le néant
Que des peintures sans toile
Que des soupirs itinérants
Devant toi est l'essentiel
Dans le prochain instant
Dans un autre morceau de ciel
Que t'offre le sablier du temps
Hugo
Genève
Juillet 2008
08 juillet 2008
Hombres chinoises
Hombres chinoises
La revoilà
En hombre chinoise
Mon âme siamoise
La revoilà…
Elle s’avance en tapinois
Tout exprès, pour me chercher des noises
De retour de chevauchées sur la mer d’Iroise
Où d’ailleurs, pour que je me noie
Elle est là
Toute prête à l’assaut
Flèche transperçant mes vaisseaux
Déchiquetant ma vie déjà las
Elle est fournaise de mémoire
Encorbellement d’instant et rinceaux
De vie et intime berceau
D’images et de moire
Elle est là
Et pourtant, je veux l’ignorer
Je ne veux plus souffrir et implorer
Elle est là…
Ce ciel de rubis clairsemés
Cette chair aux rivières de miel
Cette chair de douceur et de fiel
Qui, longtemps, m’a désarmé
Qui trop longtemps…
Et pourtant…
Hugo
Saint Etienne
Juillet 2008
